Rompre l’isolement…

Parfois, j’ai envie d’autre chose. Une vie différente, « normale ». Avec un travail, des amis à voir, des activités en dehors de la maison. Pourquoi pas déménager, tout changer.

En me lisant, tu veux peut-être me dire de me bouger, qu’on n’a qu’une vie, que c’est à moi de faire avancer les choses. C’est vrai, quand on y réfléchit, je ne suis pas la plus à plaindre. Je ne travaille pas, Monsieur Râleur assume tout seul notre famille, je m’occupe de notre fille de la manière dont je souhaite, sans être obligée de la confier à des étrangers. Et pourtant…

Je le dis souvent et le pense, l’herbe est toujours plus verte ailleurs. On n’est jamais satisfait de ce qu’on a, c’est comme ça. Je sais que j’ai de la chance dans l’ensemble, et j’essaye de prendre les choses du bon côté. Que les sourires de Lilas me sont destinés, que c’est moi qui suis la toute première à voir ses progrès, à suivre son développement, que je fais les choses en fonction d’elle, de son rythme, sans avoir à la réveiller le matin pour la déposer à la crèche, ou à me presser pour un bisou du soir.

Comme souvent, il y a un « mais »…

Mais moi, ce que je voudrais des fois, c’est me sentir comme Madame Tout Le Monde. Râler dans ma voiture le matin à cause des bouchons, aller au boulot en me languissant déjà de la fin de la journée, courir à la pause déjeuner pour une course ou un rendez-vous,  pester à nouveau contre bouchons le soir, me dépêcher de rentrer pour sentir les cheveux de ma fille, lui lire une histoire, l’embrasser avant de dormir, retrouver mon homme pour se raconter nos journées, faire un temps mort dans cette course folle pour se retrouver, puis le lendemain, recommencer.

Il y a des phases dans une vie, celle-ci est particulière, comme l’était celle d’avant. Je me suis mise entre parenthèses pour mon homme, puis pour ma fille, et un jour, je penserai à moi. Un jour…

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PLV : le retour

Après avoir discuté avec notre pédiatre, lors de la derniere visite, on lui a fait part de notre souhait de réintégrer les PLV dans l’alimentation de notre fille. Elle nous a expliqué que Lilas pouvait s’en passer, mais que si on le voulait, on pouvait le faire. D’abord, avec de petites quantités (une petite cuillère à café), puis en augmentant si elle réagit normalement.

Il faut dire que Lilas manifeste parfois l’envie de manger ce que nous on mange. Il m’est donc arrivé de lui donner un morceau de cracotte (qui contient du beurre), elle a aussi grignoté un mini bout de chocolat à la noix de coco, et elle a « léchouillé » mon Bounty Glacé! Pas sans peur de mon côté, mais je l’ai laissée faire, et aucun souci. Je me suis dit que c’était peut-être à cause des faibles quantités contenues dans ces produits.

Mais de là à mettre de la crème, du beurre, ou du fromage dans ses plats, j’ai un peu hésité. Puis je me suis lancée le jour de ses dix-huit mois. J’ai commencé par un petit bout de beurre dans sa purée de petits pois/basilic/jambon. Et là…ben tout s’est bien passé ! Pas de reflux, pas de réaction bizarre, rien. Elle a mangé. *Ouf de soulagement!*

J’en ai mis un petit morceau dans la purée du lendemain. Le surlendemain, c’est un plat tout prêt Babybio qui contenait de la crème qu’elle a mangé sans manifestation particulière. Et aujourd’hui, je lui ai proposé un petit fromage. Comme pour les 3/4 de ce qu’on lui propose et qui est nouveau, elle a « patouillé », mis à peine sur ses lèvres, et c’est tout. Je l’ai mélangé a son plat. Et comme pour le reste, tout s’est bien déroulé. Me voilà rassurée…

Bon, c’est pas demain qu’elle aura un verre de lait hein, on va rester au Modilac Riz pour le moment, mais c’est déjà une grande évolution. Je me dis que plus tard, elle choisira le mode d’alimentation qui lui convient. Mais pour le moment, c’est contraignant pour elle de voir les autres enfants manger des choses qui lui sont interdites. On ne va pas passer d’un extrême à l’autre, de 0 PLV à beaucoup d’un coup. Pour autant, on va changer un peu certaines de ses habitudes, puis on verra bien comment ça évolue…

 

Dix-huit mois mon Ange…

Une année et demi que tu es parmi nous…Les débuts ont pourtant été difficiles. Je te revois fragile, toute minuscule, ma petite fille à peine née et déjà loin de moi pour apprendre à respirer…

Ta force, ta volonté, peut-être notre présence aussi, ont fait que tu as rapidement dépassé tout ça. La prématurité n’est plus qu’un (lointain) souvenir. 

Du haut de tes dix-huit mois, tu nous épates chaque jour. Tout m’émeut, tout me rend fière. Parfois, souvent même, tu traverses de fortes tempêtes pendant lesquelles j’essaye de t’accompagner au mieux. J’ai un peu de mal à te voir dans de tels états, mais je me dis que ça fait partie de ta construction, et je relativise.

Tu es une petite fille pleine de sourires, de moues, qui sait bien se faire comprendre (ça sera quoi quand tu parleras?!!). Curieuse de tout, la moindre chose que l’on te présente t’émerveille et c’est contagieux, on est béats devant ta frimousse!

Je ne me lasse pas de te voir lovée contre mon épaule avant de dormir, de tes fous rires, de tes grimaces, de tes yeux quand tu fais des découvertes, de ton odeur, de te voir trotter fièrement…

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Ma Princesse, plus le temps passe, plus mon Amour pour toi grandit…

Aujourd’hui, j’ai 30 ans.

Je passe un cap, un tournant dans ma vie de femme, comme tout le monde en fait. Mais ce jour, ce changement, c’est le mien. Et quand j’y pense, je me rends compte que cet anniversaire représente plus que des chiffres sur un calendrier.

La trentaine est synonyme d’une nouvelle vie : celle de Maman, de compagne qui tient son foyer et qui s’occupe exclusivement de sa petite fille. Je ne suis plus la gamine de 15 ans ravagée par le chagrin quand mon premier amour m’a quittée, ni celle de 20 ans qui se préparait à suivre un homme à l’autre bout de la France, par amour. Il y a eu une succession d’étapes, de décisions prises, de choix cornéliens. Chaque année, chaque décennie a été marquée par un ou des événements, plus ou moins importants.

Aujourd’hui, je n’ai pas soufflé de bougie. J’ai passé une journée formidable au zoo, avec ma petite famille. J’ai aussi fêté nos cinq ans d’amour avec Monsieur Râleur. Il était là mon plus beau cadeau. Mes proches m’ont manqué, la distance est toujours difficile pour un jour comme celui-ci, mais ils étaient la eux aussi, dans mon cœur.

C’est une sorte de bilan que je fais depuis des mois et que je conclus le jour de mes 30 ans, de la manière suivante : Malgré les épreuves, les déceptions, les moments où j’ai cru mourir, malgré le manque de confiance, la détresse, la douleur, je suis là. Vivante, épanouie, et entourée de ceux que j’aime. Le reste n’a plus aucune importance…