Ma césarienne…

Chaque mère vit son accouchement à sa manière, quelque soit la façon dont s’est déroulé ce dernier.

C’est en lisant l’article de Rosa que j’ai eu envie/besoin de revenir sur mon accouchement à moi, et plus précisément sur la césarienne.

Quand mon gyneco m’a annoncé le mercredi à 17h30 que mon Bébé était en danger dans mon ventre, et qu’on allait la faire naître par césarienne le lendemain matin, je suis restée sans voix. J’ai pris un deuxième coup de massue sur la tête, après  l’hospitalisation un mois et demi avant.

C’est à 9h20 précises que le brancardier est venu me chercher dans ma chambre pour me descendre au bloc. Je me souviens très bien de ce moment. Monsieur Râleur était sur la route, il avait fini de travailler tard dans la nuit et devait arriver pour 9h30. Je l’ai appelé pour lui dire que c’etait le moment, mais il était coincé dans les bouchons. J’ai pas pu le voir avant l’opération…C’était dur pour tous les deux, j’avais tellement besoin de soutien, d’un petit mot réconfortant, ça m’a manqué…Mon gynéco est allé le voir dans le hall quand il est arrivé. Il m’a dit : « votre mari fait les cent pas dans le couloir! », ça m’a étonnée, il est toujours si calme…En même temps, ce n’était pas n’importe quel jour : notre fille allait naître…

Pendant ce temps, sur la table, les infirmières et l’anesthésiste m’ont posé la péridurale, puis elles ont rempli mon dossier et m’ont préparée. L’une d’elles a été surprise quand j’ai dit qu’on n’avait pas encore trouvé de prénom alors qu’elle voulait préparer le bracelet de naissance! Elle a aussi dit quelque chose qui m’a marquée : « Si vous voulez dire au revoir à votre ventre, c’est le moment. » Ce ventre plein de Bétadine, prêt à etre ouvert, qui bougeait encore! Mon Bébé, qui n’avait que quelques centimètres de liquide amniotique dans lequel baigner, s’y plaisait apparemment.

C’est le gynéco qui m’a suivie toute la grossesse, lui qui a su nous écouter, trouver les mots et nous aider, c’est lui qui m’a opérée. J’avais entièrement confiance en lui, je savais ses compétences, mais malgré tout, j’ai pleuré. Des larmes de stress, et par moment de douleur parce que je sentais l’intervention. L’anesthésiste m’a répondu de ne pas y penser, pour ne pas fantasmer la douleur…Mais merde, j’avais mal moi! Alors j’ai serré les dents, et un long moment après, ma fille était là…

A 10h24, elle voyait le jour. Je me rappelle son petit visage et ses yeux…Ca a duré à peine quelques secondes, et elle a été emmenée. L’inquiétude s’est accentuée, les pleurs aussi. C’était le début de longs jours d’angoisse, d’attente, et quelques pépites de bonheur que je ne pourrai jamais oublier…

Avec le recul, je n’ai pas tellement changé d’avis. J’ai mal vécu mon accouchement. C’est comme si on m’avait pris ma fin de grossesse, et ce moment, normalement unique, m’a laissé un goût amer. Deux ans après, ma cicatrice, boursoufflée et douloureuse, me rappelle chaque jour que j’ai donné la vie.

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Deux ans ma vie…

Début mars, tu as fêté tes deux ans ma Lilas. Je ne dirai pas déjà, je le dis trop souvent! Mais je le pense, le temps passe trop vite…

Tu nous épates dans tous les progrès que tu fais chaque jour, surtout au niveau du langage, et de la mémorisation. C’est simple, on a l’impression que tu as enregistré des mots, des informations depuis des mois, et que tout ressort maintenant que tu sais parler. Sans compter les nouveaux mots que tu répètes à peine entendus!

Puis tu joues un peu plus seule, et moi j’adore t’observer. Te voir donner à manger à Ninon (ta poupée!), raconter des petites histoires dans ton coin, jouer un long moment aux Lego, faire rouler tes voitures/tes wagons de train sous le tunnel arc-en-ciel que nous fabriquons des fois ensemble…

Tu es très proche de moi, c’est une forme de fusion intense qui ne décroît pas pour le moment. Il faut que je sois dans le lit le matin quand tu te lèves, pour te coucher aussi, la journée tu peux être accrochée à moi comme ne vouloir que ton père. Mais la plupart du temps c’est « avec Mamôn ». Enfin, c’est aussi ça être ensemble 24h/24, et c’est aussi chou qu’épuisant.

Deux bougies soufflées, deux années passées, des tonnes de souvenirs créés et de moments partagés. Je t’aime ma Lilas.