Mon gynéco, ce héros!

Bizarre ce titre hein? La nana voue un culte à celui qui la reçoit spéculum à la main et pour qui elle doit avoir les cuisses écartées! Non, je n’irai pas jusque là, mais quand même, mon gynéco est vraiment quelqu’un d’extra.

Quand j’ai appris ma grossesse, un rendez-vous était programmé avec son prédécesseur pour une visite de contrôle banale. J’étais angoissée, j’avais peur de perdre mon Bébé. Alors je lui ai posé des questions, et j’ai vu que ça l’a rapidement agacé. Il a dit à Monsieur Râleur : « Pfff mais pourquoi elle est aussi stressée? » Et à moi :  « Arrêtez de vous poser autant de questions, on s’en fout de ça! » Sur un ton assez ferme. Bon, niveau écoute et empathie on repassera (faut dire que le Monsieur en question partait à la retraite deux jours après et savait qu’il ne me reverrait jamais…)

Avant de partir, il m’a dit de prendre rendez-vous avec le médecin qui le remplacerait. Ce que j’ai fait, vu qu’il exerçait aussi à la clinique où je voulais accoucher.

Quand il m’a reçue, je me suis rapidement sentie à l’aise et le futur Papa aussi. C’était souvent vite bouclé, une écho, un examen, tout va bien, Merci Au revoir M’sieurs Dames. Mais au moins il répondait à mes questions et je savais ce que je voulais savoir. Le jour où mon état et celui de Lilas ont commencé à se détériorer (il y a eu d’autres soucis pendant ma grossesse), il nous a expliqué les choses, et m’a hospitalisée. Il me savait particulièrement angoissée et m’a rassurée sans me mentir. Il était franc mais pas désagréable. Et ça, on a apprécié avec Monsieur Râleur.

Après la visite de contrôle, qui se révélait être la dernière, la veille de l’accouchement, il nous a dit qu’il ferait probablement une césarienne le lendemain, le Bébé étant en danger. Il a pris la meilleure décision qui soit. Lilas avait le cordon autour du cou et peu de liquide amniotique dans lequel elle pouvait vivre. Il l’a sortie en urgence, et c’était le bon moment. On a vraiment failli la perdre…

Je ne saute pas de joie et ne fais pas de danse de la vénération quand je le vois, mais je n’oublierai jamais que j’ai eu de la chance de tomber sur un médecin comme ça!

 

Et pour toi, ça s’est passé comment avec le corps médical?

 

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A la maternité…

Mon Bébé respire enfin seule, elle a toujours un petit poids mais ses progrès sont importants. On peut revenir là où j’ai accouché, dans une unité mère-enfant (l’unité Kangourou). Normalement, dès notre arrivée, on peut être dans la même chambre avec Lilas, mais le pédiatre constate qu’elle est toujours perfusée (une épicrânienne en plus…) et nourrie par sonde nasogastrique. Il est embêté et déçu pour nous parce qu’elle devra passer la journée et la nuit en néonat’ (c’est juste à côté de ma chambre mais elle ne sera pas avec moi).

Heureusement, l’équipe soignante est très bien, compétente, rassurante. Elle nous explique qu’on peut y aller le jour comme la nuit, faire les soins, la câliner sans problème. Ça fait bizarre mais on prend de nouveaux repères, un peu moins médicalisés qu’aux soins intensifs.

C’est là qu’on lui donne son premier « vrai » bain (vrai parce que c’est dans une baignoire et pas dans son berceau…) (d’ailleurs, quand je vois la photo que l’auxiliaire puer’ a prise de nous trois, je suis émue de voir Lilas qui me « regarde fixement » :-). Monsieur Râleur mais néanmoins Papa extraordinaire vient dès qu’il le peut, et profite de ces moments avec sa princesse. J’en profite aussi malgré une fatigue écrasante et un babyblues terrible. Je passe de longues heures sur ce fauteuil, Lilas dort paisiblement en grenouille sur moi, je suis sur un nuage! C’est aussi là qu’on tente de la nourrir au biberon (on avait essayé une fois ou deux à Marseille mais elle se fatiguait vite).

Dès le lendemain, ma Poupée peut me rejoindre dans la chambre. L’épuisement, les larmes, l’angoisse, la douleur de la césarienne, la solitude sont tellement pesants, mais ma fille a besoin de moi alors je fais au mieux. Papa prend le relais quand il le peut. Puis la visite de mes parents (qui ont fait douze heures de  route sur un week-end pour pouvoir nous voir!) me fait du bien. Je me pensais pas me sentir aussi mal malgré ce bonheur tant attendu…(ça fera l’objet d’autres articles je pense).

Avec Lilas, on apprend à se connaître, je dois la réveiller au début pour la nourrir, j’essaye de comprendre ses pleurs, souvent elle n’arrive à se calmer et à s’endormir que quand je la prend sur moi. C’est tout neuf, et c’est pas simple, mais on se débrouille comme on peut, je fais mes premiers pas de Maman.

Exactement onze jours après sa naissance, nous rentrons enfin chez nous…

 

 

 

La grossesse : suite et fin!

Dix jours après être rentrée à la maison, mon gynéco veut me revoir pour un contrôle. Une sage-femme me fait passer un monitoring, là-dessus tout va bien, mais quand le médecin fait l’échographie, la conclusion va vite tomber : Il n’y a quasiment plus de liquide amniotique, le Bébé ne grossit plus et est en danger dans mon ventre. Il me réhospitalise et prévoit une césarienne pour le lendemain matin…

Moi qui pensais garder ma puce encore au chaud quelques temps, j’apprends qu’elle va naître avec un bon mois d’avance.

Retour à la case départ, je retrouve la même chambre que j’ai eue dix jours plus tôt, mais cette fois, je sais que dans moins de 24h, notre fille sera là…Une tonne de pensées me traversent l’esprit. Des sentiments ambivalents se mêlent, le bonheur de la rencontrer, l’angoisse de son état de santé et de l’opération, le stress de devenir Maman…Tout se mélange, les émotions me submergent, et je pleure. Des larmes qui ne cesseront quasiment pas de couler jusqu’au lendemain…

Monsieur Râleur a travaillé jusqu’à 4h cette nuit-là, il est fatigué mais sera à la maternité pour 9h30, avant la césarienne. Stressée, je blague avec lui par message en lui disant que ce jour-là, il n’est pas « large » au niveau timing, et qu’il ne faut pas qu’il traîne, sa fille va arriver! Sauf que l’infirmière et le brancardier sont arrivés dix minutes plus tôt que prévu. Résultat, je n’ai pas pu le voir avant de passer au bloc (dur dur, j’en avais tellement besoin…).

Pour notre plus grande joie, Lilas est née le 5 Mars 2015, à 10h24, et pesait 2,070 kg. Je l’ai vue une seconde, mais je me souviendrais toujours de ses grands yeux qui ont croisé les miens…J’ai continué de pleurer, mais de bonheur cette fois, et évidemment d’inquiétude. Notre petit bébé a dû rapidement voir le pédiatre. Comme on le craignait, ses poumons n’étaient pas suffisamment développés et elle ne pouvait donc pas respirer seule. Elle a été placée sous oxygène pour l’y aider. Je l’ai vue une première fois dans sa couveuse, elle était si petite, et tous ces tuyaux, le masque à oxygène minuscule, mon cœur s’est serré…La deuxième fois, ils l’ont emmenée jusqu’à ma chambre dans une grande couveuse prévue pour l’ambulance. Les médecins nous ont expliqué qu’ils préféraient la transférer sur Marseille, dans le service de soins intensifs d’une maternité de niveau trois. C’était surtout une mesure de prévention, elle serait sur place au cas où son état devait se dégrader et nécessiter des soins particuliers.

J’ai demandé mon transfert dans la maternité concernée, j’ai pu la rejoindre deux jours après sa naissance. Monsieur Râleur a pu faire le peau à peau avec Lilas, les infirmières ne lui ont pas demandé son avis, elle lui ont expliqué les bienfaits. Quand il a vu notre fille s’apaiser à son contact, et les battements de son cœur se calmer, il a compris.

Son hospitalisation a duré cinq jours pendant lesquels elle s’est battue et a fait des progrès fulgurants. Notre poupée était forte, et nous si fiers…Les soins « basiques » nous faisaient peur au début, la changer ou lui donner un bain sommaire pour ne pas qu’elle attrape froid dans son petit berceau, ça faisait drôle. Mais on voulait absolument être présents et réaliser nous-mêmes la plupart de ces soins, être là pendant les examens, les prises de sang, on voulait qu’elle ne soit pas seule. Heureusement, sa force et l’amélioration de son état l’ont rapidement fait sortir. Retour à la maternité de sa naissance, mais pour pas longtemps cette fois…

 

Mauvaise nouvelle…

C’est pour une visite de contrôle à la maternité, à six mois et demi, que j’avais rendez-vous avec mon gynéco. Les résultats des tests génétiques n’étaient pas encore arrivés et pesaient encore au-dessus de nos têtes, mais j’étais enjouée et impatiente de voir ma petite fille.

L’examen se déroule normalement jusqu’à ce que mon médecin me dise en gros : « Votre col est déjà très raccourci, le bébé a un RCIU (Retard de Croissance Intra Utérin) et vous faites une oligoamnios (manque de liquide amniotique). Je dois vous garder ici. Allez chercher quelques affaires, pour une semaine tout au plus, mangez un morceau et je vous hospitalise quand vous revenez. » Le couperet tombe, je dois rentrer à la clinique et je ne sais pas pour combien de temps. Je me sens assommée, je ne m’y attendais vraiment pas.

Je ne travaillais pas, ne pensais pas faire d’efforts particuliers, mais il est clair que tout ne va pas bien. Il me faut du repos pour garder ma poupée au chaud le plus longtemps possible.

A mon retour, j’ai été reçue par une sage femme qui m’a conduite à ma chambre, dans le service des grossesses à risque, pour que j’y remplisse quelques papiers. Ensuite, ça a été monitoring de contrôle et installation en parallèle. Ça m’a fait tout drôle. Moi qui était angoissée depuis le début, pleine de questions alors que tout se déroulait bien, là je touchais du doigt la prise en charge très médicalisée qu’on réserve aux futures mamans en cas de problèmes.

J’ai reçu ce soir-là des injections de Célestène, un corticoïde permettant d’accélérer le développement des poumons du Bébé au cas où il devrait arriver plus tôt (ce qui, soyons clairs, était quasi sûr).

S’en est suivi un rituel quotidien pendant trois semaines fait de monitorings (trois par jours), prises de température, de tension, séances de massages des jambes par un Kiné, de visites des sages-femmes et des médecins, ainsi que des aides-soignantes pour le ménage, les repas…Une art-thérapeute est aussi venue me proposer de « travailler ». On a fait quelques séances ou j’ai dessiné, modelé de l’argile. Ça me changeait les idées qui n’étaient pas toujours très roses.

Trois semaines longues, déprimantes pendant lesquelles, seule dans ma chambre, je voyais défiler le temps sans pouvoir rien faire d’autre que m’ennuyer me reposer (Aujourd’hui, quand j’y pense, je me dis que j’aurais dû accumuler du sommeil et en mettre de côté pour les nuits courtes!!)

Monsieur Râleur a été extraordinaire. Il a dû gérer le boulot, la recherche de logement puis le déménagement, les achats pour notre fille, les allers-retours entre la clinique, son job, et l’appartement…Bref, il était tout seul et je ne sais pas comment il a fait. Mais il a été merveilleux. J’ai découvert à ce moment-là une facette différente de lui, heureusement qu’il a assuré, je ne sais pas comment on aurait fait sinon.

Je suis sortie au bout de trois semaines, avec l’obligation de restée alitée, et surveillée deux fois par semaine par une sage-femme. C’était déjà mieux! Moins long (même si c’est dur de rester au lit toute la journée!!). Au moins, j’avais mon amoureux qui continuait de courir, mais que je retrouvais entre temps…

La grossesse : Suite!

Le second trimestre se passe plutôt bien, jusqu’à l’échographie. Je vais voir mon bébé, être sûre de son sexe, voir si tout va bien. C’est surexcitée que je me rends chez mon gynéco. Monsieur Râleur n’aime pas trop les examens, ceux du col… Je lui explique que c’est médical, il le sait, mais ça le gêne.

Bref, le gynéco passe la sonde sur mon petit ventre légèrement rebondi, et on voit tout de suite son visage qui se crispe. Il n’est pas grave, mais on voit que quelque chose le contrarie. Il nous explique que l’échographie révèle une masse blanche sur les intestins du Bébé, que ce n’est peut-être pas grave, mais qu’il doit nous prévenir : ça peut être le signe d’une mucoviscidose. Il ne veut pas nous alarmer inutilement, mais c’est son boulot. Il nous propose de faire des examens génétiques à Marseille pour voir si nous sommes porteurs du gène. Évidemment, on accepte. 

Les résultats seront très longs à arriver, environ deux mois, deux mois interminables où j’imagine le pire. Monsieur Râleur (que j’aurais aussi pu appeler Monsieur Jeminquiètederien) me dit de ne pas stresser tant qu’on n’en sait pas plus (facile à dire hein!).

Finalement et par bonheur, c’est négatif. Nous ne portons pas le gène de la maladie, notre enfant ne l’a pas non plus. Soulagement, jusqu’à la prochaine nouvelle… 

 

 

Enfin!

Depuis le temps que j’attendais de devenir Maman, je découvre, en Juillet 2014, que je porte enfin la vie!

J’ai toujours voulu avoir un enfant, c’était même devenu une souffrance quand je voyais des ventres ronds, des bébés sereins dans les bras de leurs parents…

Mais j’ai patienté, longtemps, l’idée d’avoir un enfant toute seule m’avait traversé l’esprit, sachant que je ne voulait plus être en couple. Puis il est arrivé…Je passe sur les détails, c’est pas la belle rencontre romantique des films guimauve, mais c’est notre histoire, et c’est celui que ne n’attendait plus.

Avec Monsieur Râleur (j’avoue que ça lui va bien :-), on est ensemble depuis quasiment trois ans à ce moment-là. Nous y avons bien réfléchi, nous sommes sûrs de nous, et après l’arrêt de la pilule, je tombe enceinte au bout d’une bonne année.

J’apprends avec le fameux test pipi et la bouche plein de dentifrice (la classe ;-), qu’un petit être s’est logé dans mon ventre. J’essaye de dire à Maman, chez nous pour les vacances : « Y’en a deux, y’a deux barres!! » et lui tombe dans les bras.

Je suis heureuse, mais très stressée. Et si ce Bébé ne survivait pas? (pas cool comme pensée, je le reconnais…), est-ce que je vais savoir quoi faire dans les prochains mois? Quelles démarches? Quelle alimentation? Beaucoup de questions dans ma tête (celle d’une grande angoissée 😉. S’en suit une batterie d’examens, dont ceux du rhésus sanguin. Celui de Monsieur Râleur est positif, le mien négatif, angoisse supplémentaire…

Bref, j’essaye de vivre ma grossesse au mieux, le stress du début s’estompe quand je rentre dans mon deuxième trimestre. Je porte la vie, rien ne peut me combler davantage…

 

Et de ton côté, c’était comment quand tu as appris ta/tes grossesse(s)?