IEF : C’est parti!

Ça fait des mois que je n’ai pas écrit ici, sûrement parce que je sais que je ne suis peu/pas lue. Mais je voulais quand même aborder un sujet important, choix que nous avons fait il y a quelques mois : l’Instruction En Famille.

Pour Lilas, qui a eu trois ans en Mars, nous avons décidé, son Papa et moi (même si c’est moi qui y croyait dur comme fer à la base!), de ne pas la scolariser en Septembre prochain. Ça sera donc moi qui m’occuperai de ses apprentissages.

L’idée a germé au fil du temps, de mes lectures, et des informations que j’ai pu récolter. Comme beaucoup, j’ai longtemps pensé que l’école était obligatoire à six ans, et qu’a trois ans il était logique de scolariser son enfant. Puis, j’ai entendu parler d’IEF, d’école à la maison, et de unschooling. J’ai appris qu’en fait, c’est l’instruction qui est obligatoire à six ans, mais que cette dernière peut très bien se faire à la maison, par les parents.

Là, les hésitations se sont estompées, le projet s’est dessiné : on fera l’école à la maison dès la rentrée! Pas sans angoisses, je dois le dire. C’est une sacrée responsabilité qui pèse sur mes épaules. Parce que, même si on ne prépare pas les enfants pour l’ENA en maternelle, ce sont malgré tout des années importantes. Mais je m’en sens capable, du moins pour les premières années. A partir de six ans, je passerai probablement le relais. Je ne pense pas être en capacité d’aller au-delà.

Qu’est-ce qui a motivé mon choix?

Plusieurs choses. D’abord, le fait qu’on va simplement continuer ce qu’on a mis en place jusqu’à présent avec Lilas. Elle n’est pas en retard dans ses apprentissages, et finalement, cette année sera la suite logique des précédentes, sans prises de tête (enfin je vais essayer!)

Aller à son rythme. Je ne blâme pas les instits, ni les professionnels de la petite enfance (loin de là, surtout que j’ai travaillé en crèche et que je sais qu’ils font au mieux!). Mais clairement, un instit +une ATSEM pour 25-30 gamins, c’est compliqué! Comment peuvent-ils faire de l’individuel? Comment aller au rythme de chacun dans ces conditions? Honnêtement, je ne vois pas. Je ne remplacerai jamais un professeur, je ne suis pas diplômée, ce n’est pas mon métier. Mais seule avec ma fille, en prenant le temps, en alliant le jeu aux apprentissages fondamentaux, en respectant ses besoins, je pense que je pourrai l’accompagner et nourrir sa soif d’apprendre.

La violence dans les écoles…Là, y’en qui vont avoir envie de s’arracher les cheveux, et pourtant, je pèse mes mots. Les enfants sont de plus en plus agressifs, ils parlent mal, même à trois ans, ils sont méchants entre eux, cruels. Alors évidemment je ne vais pas enfermer Lilas dans une bulle jusqu’à sa majorité, en lui faisant croire que le monde est rose bonbon et mignon comme celui des Bisounours. Je pense juste qu’on peut l’aider à s’armer contre le monde (oui, même à trois ans!), que la sécurité affective qu’on lui offre, nous, parents, contribuera à sa construction et à son épanouissement.

Et bien sûr, la possibilité de pouvoir le faire. Je suis bien consciente qu’en ne travaillant pas, c’est faisable. On a décidé avant même que Lilas naisse que ça serait moi qui me consacrerai à son éducation, parce que financièrement c’était possible. Il y a des familles pour qui l’école Est une nécessité, qui ont besoin de deux salaires pour pouvoir boucler leurs fins de mois sans trop tirer la langue (et encore…)

Les questions et inquiétudes qui reviennent quand j’explique notre choix de faire l’IEF :

– la socialisation

Alors si tu te poses la question toi aussi, sache que l’école à la maison n’est pas destinée à rendre les enfants sauvages ou à les faire vivre dans une grotte, loin de là ! Bien souvent, ce sont des enfants curieux, intéressés par un tas de choses, qui vont facilement vers les autres. Ici, Lilas était il y a encore deux mois assez timide, elle se mettait très peu en relation avec les enfants de son âge, avait limite peur quand un copain s’approchait Pour faire du toboggan ou juste pour lui parler, même les enfants de nos amis qu’elle connaît un peu (c’est Le souci quand on vit loin…). Puis ça a évolué petit à petit, on ne l’a pas forcée à jouer avec les camarades du parc, ni les autres d’ailleurs. On lui a proposé et on a respecté son choix de rester avec nous plutôt que d’aller avec ses pairs. Et tout doucement, c’est elle qui en a éprouvé le besoin, et c’est Un plaisir de la voir faire maintenant! Puis elle va au jardin d’enfants 2-3 heures par semaine depuis peu, et on va ensemble au lieu d’accueil enfants parents chaque vendredi. Je reste convaincue que la socialisation ne se fait pas juste dans une classe avec des enfants du même âge, mais à la boulangerie, au supermarché, au parc, dans la rue, partout en fait.

– « faut la lâcher un peu, la laisser vivre! »

Je ne m’étendrai Pas sur ce point vu que le pavé que j’ai déjà écrit au-dessus y répond pas trop mal…

– « mais vous êtes instit? Non parce que faire l’école c’est pas rien »

C’est vrai, et encore une fois je ne prétends pas remplacer qui que ce soit. Je pense juste qu’en temps que Maman, je suis capable de faire de mon mieux, et qu’il n’y a pas de raisons que ça ne fonctionne pas!

Comment je vais m’y prendre?

En fait, on a déjà commencé depuis presque un mois. J’avais commandé à la librairie un cahier d’exercices Boscher pour la toute petite section. A peine récupéré, Lilas a voulu le faire…et l’a terminé en deux jours! Depuis, on en a pris d’autres de toute petite et petite section, puis j’ai fait un classeur avec des exercices aussi pour varier un peu. Pour l’instant ce qu’elle préfère, ce sont ceux avec des gommettes, qu’importe la consigne : coller le bon nombre d’autocollants (dénombrement), coller les lettres au bon endroit pour écrire le même mot que sur le modèle, habiller les enfants selon la saison représentée…Elle fait un peu de tracés aussi (graphisme), de coloriage, de reconnaissance de formes, de lettres…Mais Là aussi, je vais à son rythme et n’insiste pas si elle en a marre, c’est La liberté que permet l’IEF!

Jusqu’à Quand je compte l’instruire À la maison?

J’aimerais jusqu’à ses six ans, mais tout dépendra de comment ça se déroule.

 

Voilà, j’espère que ça t’aura intéressé(e) et Éclairé(e) sur le sujet. N’hésite Pas à me dire ce que tu en penses, ou si tu as des questions…

 

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Le sommeil de ma fille?! Euh…comment dire?

(C’est un article que j’ai commencé il y a plusieurs mois, les choses ont évolué au fil du temps)

Je voulais écrire un article sur le sommeil depuis longtemps, parce que c’est particulièrement complexe et que je ne sais plus quoi faire.

Faut être honnête, depuis la naissance de Lilas, on galère à ce niveau là. Bon, j’ai dû accoucher en urgence, nous avons été séparées tout de suite et pour plusieurs jours, c’est quand même dur pour un Bébé. Alors forcément, quand nous sommes retournées dans la maternité où j’avais accouché, après plusieurs jours dans un autre établissement, elle a eu besoin de moi, physiquement. Elle pleurait beaucoup la nuit et ne se calmait qu’à mon contact. Elle dormait sur moi entre deux biberons, nous permettant à l’une comme à l’autre de récupérer un peu.

Quand nous sommes rentrées chez nous, qui était un nouveau cocon que je n’avais encore jamais vu (Monsieur Râleur a été extraordinaire pour s’occuper de nous le trouver), c’était mitigé. Lilas dormait bien la journée, souvent dans son berceau, et un peu contre moi. Le soir et la nuit, elle pleurait beaucoup, et moi, je me sentais épuisée et désemparée…

Puis vers ses cinq mois, on a cru qu’elle faisait ses nuits. Ca a duré une semaine.

Après ça et jusqu’à maintenant, le sommeil de notre fille n’est qu’une succession de phases qui durent plus ou moins longtemps. Enfin, clairement, c’est surtout l’anarchie!

Il y a eu la période où on la berçait jusqu’à ce qu’elle s’endorme, en tentant de la poser dans son lit (combien de fois elle s’est réveillée pile à ce moment-là…nooooooon!). Celle où on la couchait dans son lit après le rituel du soir, et où son petit au revoir de la main nous faisait fondre. Celle où on se couchait sur un matelas au sol à côté d’elle, et où on quittait la chambre quand elle avait trouvé les bras de Morphée. Une variante, celle qui est toujours d’actualité, et qui consiste à la coucher, à faire semblant de dormir jusqu’à ce qu’elle dorme vraiment, en quittant la chambre sur la pointe des pieds.

Là, c’est raconté simplement. En vrai, ça l’est beaucoup moins. En vrai, je n’en peux plus. Je suis épuisée. Fatiguée de devoir parfois y passer plus de deux heures et de constater que, même crevée, à 23h30 elle ne dort toujours pas. Fatiguée de devoir passer mes soirées au lit sans pouvoir dormir, sacrifiant mes repas ou les rares moments en amoureux.

Puis il y a les « bons conseils ». Ceux de l’entourage, des médecins, de la boulangère…Bizarrement, ce que j’entendais n’était pas ce que j’avais envie de faire, pas ce que je ressentais au fond de moi. Là, commence une lutte permanente entre toi et les autres, où tu cherches à te justifier, où parfois tu cèdes et finis par les écouter, où d’autres fois tu tiens bon, mais où finalement, tu es paumé, et pas plus avancé !

A l’heure où j’écris, presque minuit, Lilas dort près de moi, paisiblement, dans notre lit. La solution que nous avons choisie depuis des mois, qui est encore plus efficace depuis notre déménagement dans la région lyonnaise en Mai dernier : le cododo. Le vrai de vrai, on reste Avec elle jusqu’à ce qu’elle s’endorme (c’est déjà 22h30 la plupart du temps parce que rien n’y fait, impossible de l’endormir avant), on quitte la chambre pour passer un peu de temps « tranquille », et on revient se coucher dans notre lit ou Mini Princesse nous attend (et prend toute la place!), plongée dans un profond sommeil.

J’ai lutté pendant des mois, écoutant tous les sons de cloches que je pouvais, désespérée. Et un jour, j’ai lâché prise. Ma fille était angoissée quand on la laissait, ou quand elle se rendait compte qu’on avait quitté sa chambre. Des crises parfois impressionnantes survenaient dans la soirée et la nuit, entretenant son angoisse, et évidemment la mienne. Alors après deux ou trois essais de « dodo dans sa chambre », Avec Monsieur Râleur, on a décidé qu’elle resterait dans la notre tant qu’elle en aurait besoin.

Je me suis simplement écoutée! C’est bête à dire, mais je suis allée chercher pendant des mois les solutions auprès des autres, alors que la solution, la notre, nous la détenions tous les trois, en famille.

Depuis, le sommeil de Lilas est bien plus serein. Elle fait des nuits complètes. On la sent apaisée, elle ne hurle plus en me cherchant le matin quand elle ne me voit pas dans le lit. Elle a confiance en nous et sait qu’on ne l’abandonnera pas.

Maintenant, je sais qu’à l’avenir j’écouterai plus souvent mon cœur de Maman!

 

Lettres (script) rugueuses

Connues dans la pédagogie Montessori,  ces lettres, que j’ai décidé de fabriquer il y a déjà plusieurs mois, sont utilisées pour l’apprentissage de l’alphabet. A dire vrai, je ne me suis pas assez penchée sur le sujet, et je sais pas de quelle façon les utiliser, et comment nous nous en servirons. En tous cas, ces cartes m’ont plu et je les proposerai à Lilas quand elle manifestera de l’intérêt pour cet apprentissage (on a encore le temps hein! Mais elle aime déjà les manipuler)

Voici les étapes de la réalisation des cartes avec lettres rugueuses (ma façon de les faire n’est pas parfaite, elle est surtout très personnelle, des modifications peuvent évidemment y être apportées 🙂 :

– réaliser les lettres à l’envers sur du papier à poncer qui a un grain très fin (Le but n’est pas de limer les doigts du tout-petit !) (moi, un peu maso, je les ai faites à la main, alors que des patrons sont disponibles sur le Net!)

– découper les lettres

– découper des plaques de cartons, si possible de la même taille (tu remarqueras que j’ai un souci avec la notion de dimension !)

– découper des feuilles de couleurs (ou pas) de la même dimension que les plaques de cartons (on peut faire une couleur pour les consonnes, une autre pour les voyelles)

– coller les feuilles sur les cartons

– plastifier les cartes à l’aide de recouvre-livre adhésif

– coller avec de la glue chacune des lettres sur sa plaque

Et c’est fini! Bon, dit comme ça, ça a l’air super rapide, en fait c’est loooooong! Mais  quelle satisfaction quand c’est fini 🙂

Résultat :

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Et si on faisait de la peinture?

En cette fin de journée, quand les températures sont redescendues, j’ai proposé à Lilas de faire de la peinture dehors. Son support? Un grand carton rescapé de l’achat du canapé! Ses outils? Des pinceaux, des rouleaux, et surtout, son corps! Les limites, les seules d’ailleurs : rester dans le carton et ne pas mettre la peinture à la bouche (bon elle a essayé mais sans vouloir la manger, juste pour tester!)

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À 28 mois, elle adore ça! Enfin, depuis un moment déjà, même si son activité favorite depuis des semaines, ce sont les Legos Duplo (elle peut y passer des heures!)

Elle s’est éclatée pendant 45 Minutes, moi j’ai lâché prise sur le nettoyage. Une bonne douche et ma Poupée était comme neuve 🙂

 

 

Juste le silence…

Quand, comme hier soir, Lilas ne dort toujours pas, alors qu’il est 23h, je voudrais juste le silence.

Quand son heure de sieste est pour moi un moment de répit, ce que j’aime, c’est juste le silence.

Quand j’entends chouiner, râler, voire même simplement parler, j’avoue, et que je suis fatiguée, je voudrais juste le silence.

Quand par miracle elle dort et que je m’assois pour faire une pause, ou encore mieux, me voir un bout de replay, d’abord, ce que je m’offre, c’est un peu de silence.

Quand je la regarde dormir avant de sombrer à mon tour, je souris, me rappelant ce qu’on a traversé et à quel point je l’aime, je bénis notre chance…et ce silence!

Pas toujours facile d’être parents. On a pris un virage ces derniers jours, à coups de : « non », « je veux pas », ou « Lilas fait ». Je comprends bien que cette nouvelle phase nous bouleverse, autant Lilas que son père ou moi. Parce qu’elle est dans la contradiction permanente, dans l’opposition constante, et paradoxalement, dans cette fusion intense. C’est tellement perturbant. Je sais que c’est normal, que ça fait partie de son développement et de sa construction, qu’on doit surtout l’accompagner en restant patient, bienveillant. Pourtant, elle nous met, surtout moi, à l’épreuve et garder son sang-froid paraît vraiment difficile.

C’est sûrement Ca qu’on appelle le « terrible two »…Tu connais aussi je suppose?! Comme ça se passe chez toi?

 

 

Ma première nuit ailleurs…

On y est. Lilas a eu deux ans le mois dernier, et ce soir, c’est la première fois que je dors « loin » d’elle (elle n’est qu’à une vingtaine de minutes!)

Quand mon amie m’a proposé de dormir chez elle ce soir, pour aller dévaliser le suédois demain, l’occasion était trop belle pour refuser. Bien sûr, ça me fait drôle, de passer le relais à son père, de ne pas savoir comment et à quelle heure elle s’endormira ce soir, de me dire qu’elle me réclamera sûrement, de ne pas être là à son réveil demain matin.

Les nombreuses questions n’effaceront pourtant pas la petite excitation que je ressens de faire un truc « comme avant ». Ca fait tellement de bien de faire une pause, pas juste le temps d’une douche, pas juste pour une heure de toboggan avec Papa. Une soirée entre filles, un repas sans être interrompue, un moment agréable rien qu’à moi.

Ce soir, je ne passerai pas mon temps à essayer de l’endormir pendant deux heures en vain. Je ne finirai pas par pleurer de fatigue et de colère. Je ne mangerai pas sur le pouce à 22h parce que Lilas m’attend pour enfin se coucher. Non. Ce soir, pour une fois, je suis égoïste.