Deux ans ma vie…

Début mars, tu as fêté tes deux ans ma Lilas. Je ne dirai pas déjà, je le dis trop souvent! Mais je le pense, le temps passe trop vite…

Tu nous épates dans tous les progrès que tu fais chaque jour, surtout au niveau du langage, et de la mémorisation. C’est simple, on a l’impression que tu as enregistré des mots, des informations depuis des mois, et que tout ressort maintenant que tu sais parler. Sans compter les nouveaux mots que tu répètes à peine entendus!

Puis tu joues un peu plus seule, et moi j’adore t’observer. Te voir donner à manger à Ninon (ta poupée!), raconter des petites histoires dans ton coin, jouer un long moment aux Lego, faire rouler tes voitures/tes wagons de train sous le tunnel arc-en-ciel que nous fabriquons des fois ensemble…

Tu es très proche de moi, c’est une forme de fusion intense qui ne décroît pas pour le moment. Il faut que je sois dans le lit le matin quand tu te lèves, pour te coucher aussi, la journée tu peux être accrochée à moi comme ne vouloir que ton père. Mais la plupart du temps c’est « avec Mamôn ». Enfin, c’est aussi ça être ensemble 24h/24, et c’est aussi chou qu’épuisant.

Deux bougies soufflées, deux années passées, des tonnes de souvenirs créés et de moments partagés. Je t’aime ma Lilas.

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Ma fille serait donc un BABI…

Bébé Aux Besoins Intenses. Voilà ce que signifient ces quatre lettres.

A 22 mois, et depuis ses 7-8 mois, Lilas est ce que j’appelle une « enfant +++ ». Je me suis rapidement rendue compte que ses réactions étaient exacerbées. Mais au début, je me disais qu’elle était petite, qu’elle était proche de moi parce que je m’en occupais non-stop et que ça passerait. Et non. Les mois se sont écoulés, la fusion s’est intensifiée, et ses besoins sont devenus plus importants.

Lilas est très demandeuse de son père, mais il faut toujours que je sois là. Je ne prends quasiment jamais une douche seule, pareil pour aller aux toilettes, mettre une machine en route ou récupérer du linge (la machine est à l’extérieur) est systématiquement source de pleurs. Le biberon, elle veut que ce soit moi qui le donne. Le dodo, c’est avec moi et personne d’autre, et depuis quelques mois dans notre lit. Elle hurle dès qu’on essaye de la poser dans le sien. Quand je m’éloigne, parfois elle joue sans s’en rendre compte, mais la plupart du temps elle angoisse et pleure.

Evidemment, autour de nous personne se rend trop compte de ce qu’on vit. Même son père en fait ne se rend pas trop compte…Et moi je serre les dents, parce que je ne peux pas passer le relais, parce que je suis épuisée, parce que je crie et j’éclate en sanglots tant je culpabilise…

J’essaye de positiver, de ne pas être amère, de crier le moins possible. Je lui parle, expliquant tout, tout le temps. Je fais au mieux pour me rendre disponible, pour rester calme pendant ses crises, même si ça me rend malade de la voir comme ça.

Le temps fera sûrement son œuvre, en attendant, j’espère pouvoir l’apaiser la sécuriser pour qu’elle puisse se sentir mieux avec ou sans moi…

Le LAEP…

Ou Lieu d’Accueil Parent-Enfant. C’est une structure, souvent gérer par la Mairie, qui accueille gratuitement et de manière anonyme, l’enfant et son/ses parent(s) ensemble.

Quand l’enfant ne va pas chez une Assistante Maternelle, ne fréquente pas un accueil collectif, ou simplement, n’a pas ou peu d’autres bébés dans son entourage, c’est un outil très utile. Pour les parents également, on peut échanger avec les autres familles présentes, ainsi qu’avec les professionnels, pour aborder certaines problématiques rencontrées, par exemple.

Ca permet de créer du lien social, de sortir un peu de son quotidien.

C’est pas toujours facile d’aller vers les autres, je sais pas pourquoi j’ai un peu de mal. Mais j’apprécie ce moment où, avec Monsieur  Râleur, on voit Lilas dans un lieu qu’elle n’a pas l’habitude de fréquenter, avec des jeux qui ne sont pas ceux de la maison, et des gens qui ne sont pas nous ou nos familles/amis. Et puis, je me dis que le temps m’aidera à m’ouvrir et à être plus à l’aise…

 

Et chez toi, mode de garde ou pas? Quels types de sorties vous faites?

Rompre l’isolement…

Parfois, j’ai envie d’autre chose. Une vie différente, « normale ». Avec un travail, des amis à voir, des activités en dehors de la maison. Pourquoi pas déménager, tout changer.

En me lisant, tu veux peut-être me dire de me bouger, qu’on n’a qu’une vie, que c’est à moi de faire avancer les choses. C’est vrai, quand on y réfléchit, je ne suis pas la plus à plaindre. Je ne travaille pas, Monsieur Râleur assume tout seul notre famille, je m’occupe de notre fille de la manière dont je souhaite, sans être obligée de la confier à des étrangers. Et pourtant…

Je le dis souvent et le pense, l’herbe est toujours plus verte ailleurs. On n’est jamais satisfait de ce qu’on a, c’est comme ça. Je sais que j’ai de la chance dans l’ensemble, et j’essaye de prendre les choses du bon côté. Que les sourires de Lilas me sont destinés, que c’est moi qui suis la toute première à voir ses progrès, à suivre son développement, que je fais les choses en fonction d’elle, de son rythme, sans avoir à la réveiller le matin pour la déposer à la crèche, ou à me presser pour un bisou du soir.

Comme souvent, il y a un « mais »…

Mais moi, ce que je voudrais des fois, c’est me sentir comme Madame Tout Le Monde. Râler dans ma voiture le matin à cause des bouchons, aller au boulot en me languissant déjà de la fin de la journée, courir à la pause déjeuner pour une course ou un rendez-vous,  pester à nouveau contre bouchons le soir, me dépêcher de rentrer pour sentir les cheveux de ma fille, lui lire une histoire, l’embrasser avant de dormir, retrouver mon homme pour se raconter nos journées, faire un temps mort dans cette course folle pour se retrouver, puis le lendemain, recommencer.

Il y a des phases dans une vie, celle-ci est particulière, comme l’était celle d’avant. Je me suis mise entre parenthèses pour mon homme, puis pour ma fille, et un jour, je penserai à moi. Un jour…

PLV : le retour

Après avoir discuté avec notre pédiatre, lors de la derniere visite, on lui a fait part de notre souhait de réintégrer les PLV dans l’alimentation de notre fille. Elle nous a expliqué que Lilas pouvait s’en passer, mais que si on le voulait, on pouvait le faire. D’abord, avec de petites quantités (une petite cuillère à café), puis en augmentant si elle réagit normalement.

Il faut dire que Lilas manifeste parfois l’envie de manger ce que nous on mange. Il m’est donc arrivé de lui donner un morceau de cracotte (qui contient du beurre), elle a aussi grignoté un mini bout de chocolat à la noix de coco, et elle a « léchouillé » mon Bounty Glacé! Pas sans peur de mon côté, mais je l’ai laissée faire, et aucun souci. Je me suis dit que c’était peut-être à cause des faibles quantités contenues dans ces produits.

Mais de là à mettre de la crème, du beurre, ou du fromage dans ses plats, j’ai un peu hésité. Puis je me suis lancée le jour de ses dix-huit mois. J’ai commencé par un petit bout de beurre dans sa purée de petits pois/basilic/jambon. Et là…ben tout s’est bien passé ! Pas de reflux, pas de réaction bizarre, rien. Elle a mangé. *Ouf de soulagement!*

J’en ai mis un petit morceau dans la purée du lendemain. Le surlendemain, c’est un plat tout prêt Babybio qui contenait de la crème qu’elle a mangé sans manifestation particulière. Et aujourd’hui, je lui ai proposé un petit fromage. Comme pour les 3/4 de ce qu’on lui propose et qui est nouveau, elle a « patouillé », mis à peine sur ses lèvres, et c’est tout. Je l’ai mélangé a son plat. Et comme pour le reste, tout s’est bien déroulé. Me voilà rassurée…

Bon, c’est pas demain qu’elle aura un verre de lait hein, on va rester au Modilac Riz pour le moment, mais c’est déjà une grande évolution. Je me dis que plus tard, elle choisira le mode d’alimentation qui lui convient. Mais pour le moment, c’est contraignant pour elle de voir les autres enfants manger des choses qui lui sont interdites. On ne va pas passer d’un extrême à l’autre, de 0 PLV à beaucoup d’un coup. Pour autant, on va changer un peu certaines de ses habitudes, puis on verra bien comment ça évolue…

 

Dix-huit mois mon Ange…

Une année et demi que tu es parmi nous…Les débuts ont pourtant été difficiles. Je te revois fragile, toute minuscule, ma petite fille à peine née et déjà loin de moi pour apprendre à respirer…

Ta force, ta volonté, peut-être notre présence aussi, ont fait que tu as rapidement dépassé tout ça. La prématurité n’est plus qu’un (lointain) souvenir. 

Du haut de tes dix-huit mois, tu nous épates chaque jour. Tout m’émeut, tout me rend fière. Parfois, souvent même, tu traverses de fortes tempêtes pendant lesquelles j’essaye de t’accompagner au mieux. J’ai un peu de mal à te voir dans de tels états, mais je me dis que ça fait partie de ta construction, et je relativise.

Tu es une petite fille pleine de sourires, de moues, qui sait bien se faire comprendre (ça sera quoi quand tu parleras?!!). Curieuse de tout, la moindre chose que l’on te présente t’émerveille et c’est contagieux, on est béats devant ta frimousse!

Je ne me lasse pas de te voir lovée contre mon épaule avant de dormir, de tes fous rires, de tes grimaces, de tes yeux quand tu fais des découvertes, de ton odeur, de te voir trotter fièrement…

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Ma Princesse, plus le temps passe, plus mon Amour pour toi grandit…

Aujourd’hui, j’ai 30 ans.

Je passe un cap, un tournant dans ma vie de femme, comme tout le monde en fait. Mais ce jour, ce changement, c’est le mien. Et quand j’y pense, je me rends compte que cet anniversaire représente plus que des chiffres sur un calendrier.

La trentaine est synonyme d’une nouvelle vie : celle de Maman, de compagne qui tient son foyer et qui s’occupe exclusivement de sa petite fille. Je ne suis plus la gamine de 15 ans ravagée par le chagrin quand mon premier amour m’a quittée, ni celle de 20 ans qui se préparait à suivre un homme à l’autre bout de la France, par amour. Il y a eu une succession d’étapes, de décisions prises, de choix cornéliens. Chaque année, chaque décennie a été marquée par un ou des événements, plus ou moins importants.

Aujourd’hui, je n’ai pas soufflé de bougie. J’ai passé une journée formidable au zoo, avec ma petite famille. J’ai aussi fêté nos cinq ans d’amour avec Monsieur Râleur. Il était là mon plus beau cadeau. Mes proches m’ont manqué, la distance est toujours difficile pour un jour comme celui-ci, mais ils étaient la eux aussi, dans mon cœur.

C’est une sorte de bilan que je fais depuis des mois et que je conclus le jour de mes 30 ans, de la manière suivante : Malgré les épreuves, les déceptions, les moments où j’ai cru mourir, malgré le manque de confiance, la détresse, la douleur, je suis là. Vivante, épanouie, et entourée de ceux que j’aime. Le reste n’a plus aucune importance…